Le gouvernement malien qui perdurait depuis seize mois, a vécu; le 18 avril 2019, son chef S.B.M. rendit le tablier au Président de la République. Ce dernier, dans son allocution de reconnaissance des qualités du premier ministre démissionnaire, et du service accompli, exprimait davantage le regret de se séparer de lui, que le soulagement qui serait perceptible chez les détracteurs de son collaborateur. Celui-ci a été poussé vers la sortie sous la pression de facteurs combinés, dans le climat durable d'insécurité depuis sept ans au Mali.Sous la houlette des syndicats, étaient multipliées les grèves dans les secteurs de la santé, de l'école, de la justice...Alors que les attaques terroristes et les tueries rebondissaient de manière récurrente, les courants contestataires s’intensifiaient au fil des semaines. L'opposition qui ne pardonnait pas au premier ministre d'avoir œuvré à la réélection du président sortant en 2018, appelait à son remplacement par une personnalité consensuelle. Une partie de la majorité présidentielle protestait, déjà, d'être lésée par les manœuvres politiciennes imputables au chef du gouvernement. Le parti dominant a ensuite envisagé de mêler sa voix à celle de l'opposition pour voter la motion de défiance  déposée à l'Assemblée Nationale. Les leaders musulmans qui avaient  préalablement obtenu le retrait du programme d'enseignement sur l'homosexualité, ne lâchaient pas la pression pour faire partir S.B.M.

 Dans cette chronique apparaît la contestation cristallisée sur la personne de ce dernier.L'opposition fut accompagnée par une partie décisive de la majorité présidentielle pour en découdre. L'irruption des leaders religieux sur l'échiquier politique, était avérée bruyante par rapport à la coutume, laissant des traces de division au sein du Haut Conseil Islamique; elle augura de surcroît de la mise en oeuvre d'une mécanique à éjecter d'un fauteuil institutionnel par la rue.

Retour à l'accueil